Sûreté et sécurité, quelles perspectives ?
Les derniers mois de crise sanitaire ont favorisé et fait apparaître de nouveaux risques au sein des entreprises. Les industriels répondent présents en développant des solutions et en poursuivant le développement des technologies de demain. Ces adaptations techniques devront néanmoins mobiliser tous les acteurs des entreprises, beau challenge au vu des évolutions et distanciations (télétravail) imposées ces derniers temps.
Les derniers mois n’ont pas seulement perturbé notre quotidien en tant qu’individus, ils ont également rabatu les cartes et soulevé de nouveaux problèmes de sûreté et de sécurité au sein des entreprises en leur imposant une réorganisation à marche forcée. Cette réorganisation au sein d’un bon nombre d’entreprises s’est notamment illustrée par une modification des flux de personnel et/ou de visiteurs, le développement du télétravail et des outils permettant ce télétravail, une modification de l’utilisation de l’espace de travail mis à disposition, l’augmentation des locaux inoccupés et l’arrivée de protocoles sanitaires strictes. Tous les services ont été touchés par ces changement, notamment les équipes de sûreté et sécurité.
Cette situation faisant apparaître de nouvelles contraintes et des changements notables a mis en lumière certaines limites et de nouveaux besoins en équipements de sûreté, avec en premier lieu un besoin de consolider les locaux à travers les systèmes de vidéosurveillance et de contrôle d’accès pour faire face à la diminution de la présence humaine (et par conséquent à la diminution de la vigilance que les employés pouvaient avoir face à un acte malveillant). La consolidation de la sécurité des réseaux, malgré la démultiplication des outils communiquant avec « l’extérieur » nécessaires au télétravail, est également un réel enjeu.
Dans un monde professionnel plus flexible et fonctionnant de plus en plus à distance, la culture de sûreté & sécurité qui doit, par nature, mobiliser tous les acteurs de l’entreprise afin d’adopter des comportements et pratiques communs, n’est pas une mince affaire. La stratégie de sûreté et sécurité (à travers l’analyse des risques et menaces, l’organisation, les programmes sûreté-sécurité, les plans de continuité d’activité (PCA), les formations, la mise en place d’outils, les exercices, etc.) nécessite d’être constamment affinée et déclinée intelligemment au sein des équipes.
Les tendances qui se confirment
Pour faire face aux nouvelles menaces et risques induits par ces changements, certains systèmes de sûreté tirent leur épingle du « jeu » :
- Cybersécurité, toujours plus importante et compliquée à mettre en œuvre
Quels que soient les systèmes, les outils ou les programmes utilisés, ces derniers se doivent d’être à la pointe en matière de cybersécurité. La multiplication constante des menaces, l’utilisation de plus en plus importante du Cloud ou de l’Internet des Objets (IoT), et l’augmentation des outils mis en ligne accessibles depuis « l’extérieur » afin que les salariés puissent y accéder de n’importe où, ne facilitent pas la tâche aux différents acteurs. L’actualité récente a encore démontré, à de nombreuses reprises, les risques majeurs que représentent la fuite/le piratage de données (rançonlogiciel, etc.).
Les spécialites en cybersécurité ont de beaux jours devant eux et du pain sur la planche pour prévenir les futures menaces, développer des modèles de cybersécurité plus performants (notamment afin de garantir une gestion sécurisée des identités et des accès pour ceux qui font du télétravail et qui ont besoin d’accéder à des systèmes/outils critiques) et faire preuve de pédagogie en diffusant les bonnes pratiques sur l’ensemble de la chaîne.
- L’augmentation d’outils analysant l’occupation
La réduction des effectifs au sein des entreprises en tant de crise et l’arrivée des modèles de travail hybrides (associant travail au sein des locaux de l’entreprise et le télétravail y compris dans le domaine de la sûreté/sécurité) a fait apparaître, dans certains cas, le besoin de compléter le système de contrôle d’accès en surveillant des accès qui n’avaient auparavant pas lieu d’être. À cela a pu se rajouter, pendant la pandémie, le besoin d’ajouter des dispositifs de contrôle d’accès afin de connaître précisement le nombre de personnes dans les locaux, dans un souci de contrôle du taux d’occupation.
Ces outils permettant l’analyse de l’occupation peuvent notamment :
– permettre une optimisation de la gestion opérationnelle sûreté-sécurité (rondes des équipes de sûreté, évacuation, etc.)
– servir à optimiser l’utilisation des locaux. N’oublions pas que le développement du télétravail et des réunions par visioconférence engendre une réduction non négligeable des besoins en espace de travail, et par conséquent une optimisation éventuelle des charges immobilières…
- IA (Intelligence Artificielle) et apprentissage automatique
La crise COVID-19, comme pour le contrôle d’accès, a également engendré un développement du système de vidéosurveillance (multiplication du nombre de caméras avec déploiement sur de nouvelles zones suite à l’évolution des menaces, outils permettant d’indiquer le port ou non du masque, etc…).
Les progrès technologiques et l’arrivée de composants électroniques dédiés à l’IA de plus en plus performants permettent d’entrevoir un développement plus important de l’analyse vidéo. Pour le moment, les besoins techniques (cas installation à grande échelle) sont importants et coûteux, mais ce domaine évolue rapidement et les futures déploiements vont gagner en simplicité et en coût.
À terme, l’analyse de l’ensemble des données « sûreté-sécurité » au sein d’un système unifié, associée à l’IA et l’apprentissage automatique, pourra fournir des éléments déterminants pour l’amélioration de la performance et la précision de certains outils, et détecter voire même prédire certaines menaces.
L’utilisation et le traitements des données engendrées par cette technologie devra respecter le RGPD et la loi Informatique et Libertés. Au vu du développement de ces caméras « augmentées » ou « intelligentes » (regroupant une grande variétés de produits) qui utilisent l’intelligence artificielle pour analyser le flux vidéo, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a lancé à la mi-janvier 2022 une consultation publique sur l’utilisation de ces caméras dans l’espace public (lieux publics ou établissements ouverts au public). Un projet de proposition à ce sujet est disponible sur le site de la CNIL.
- Solutions technologiques de préférences « non propriétaires »
Les derniers mois ont fait apparaître, malgré une demande toujours présente, des difficultés et problèmes dans l’approvisionnement de certains composants électroniques. Le secteur de la sûreté, comme beaucoup d’autres, n’est pas épargné.
Cela a rappelé à certaines entreprises, pour lesquelles la réactivité est primordiale et qui ne peuvent pas se permettre d’attendre, l’intérêt de faire appel à des solutions technologiquement « ouvertes » et par définition « non propriétaires », afin de ne pas être totalement dépendantes vis-à-vis d’un fournisseur. Les architectures ouvertes y trouveront sûrement un nouvel argument confirmant une certaine flexibilité et un choix plus important.
Les grandes manœuvres de ce début d’année 2022
Le début d’année 2022 a été marqué par de nombreux rapprochements et rachats dans le secteur de la sûreté-sécurité. Les géants du secteur poursuivent les acquisitions d’entreprises spécialisées qui leur permettent de poursuivre leur développement tout en confirmant leur maîtrise des différents aspects du secteur.
On peut notamment citer :
- Le rachat de Stanley Security par Securitas !
- L’achat par APi Group de Chubb Fire & Security à Carrier Global. (Pour mémoire, UTC avait acheté Chubb en 2003 et créait en 2007 UTC Climate Controls & Security après avoir acheté la partie sécurité de Rentokil Initial. En 2020, Chubb a été séparée du reste d’UTC Climate, Controls & Security pour former une société distincte, Carrier Global)
- Mobotix, entreprise d’origine allemande spécialisée dans la vidéosurveillance, a acquis mi-janvier Vaxtor, spécialiste des technologies d’intelligence artificielle (IA) et Deep Learning notamment pour l’analyse OCR (Reconnaissance charactère optique) et ANPR (Reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation) en temps réel.
- Du côté français, l’entreprise Prysm, célèbre éditeur du progiciel d’hypervision « AppVision », a été rachetée par le groupe Vitaprotech, spécialiste des solutions premium de sécurité pour les professionnels et les sites sensibles. Vitaprotech comprend à ce jour plusieurs sociétés (contrôle d’accès : ARD, TDSi, Til Technologies, Vauban System ; Détection d’intrusion : SORHEA, Protech ; Vidéo intelligente : RECAS, Protech ; et Hypervision : Prysm, ESI) qui couvrent un très large panel des besoins en sûreté.
Sources : Stanley Security, Securitas, APi Group, Mobotix, Vaxtor, Vitaprotech, Prysm, Protech, ESI, CNIL

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